30.04.2008
BAS LES MASQUES !

Pour terminer avec vous cette découverte de Tokyo en particulier et du Japon en général, avec ce 36 ème épisode, nous allons tomber le masque.
Vous aurez remarqué que nous sommes passionnés par ce pays, ses habitants et leurs coutumes. Que nous allons, après déjà tant de voyages ici en plus de trente ans, d’étonnements et émerveillements, de découvertes en surprises.
Mais nous ne sommes pas dupes de la réalité qui se cache à nos yeux occidentaux. Nous sommes conscients que nous avons la chance de visiter et de vivre en ce pays en « spectateurs », sans contraintes d’aucune sorte, avec même la non-connaissance de la langue et notre physique d’occidentaux comme échappatoire. Car ce qui se cache, ce qui ne se dit pas, de qui n’est pas du tout accessible aux gaijin que nous sommes et resterons à jamais, n’a que peu à voir avec les images que nous vous avons montrées.
La vie ici est dure, machiste, hiérarchisée à l’extrême, policée, formelle, grouillante, exigue, compétitive,… et solitaire.
C’est pourquoi nous finissons ce blog sur le masque, à nos yeux l'un des symboles de l’esprit nippon.
Arrivés à Tokyo début mars, nous étions surpris de voir tant de personnes porter un masque blanc. Surpris aussi de trouver tant et tant de modèles de masques blancs en ventes partout. La cause principale en est les sugis, des cèdres plantés par millions après guerre et devant servir à la reconstruction des habitations. Le béton ayant gagné la bataille, les sugis ne sont plus là que pour leur beauté naturelle bien sûr mais aussi pour faire pleurer et larmoyer plus d’un allergique.

Pourquoi ces masques ? Pour se protéger des allergies, pour se protéger des maladies, pour ne pas transmettre ses microbes par respect des autres ou - et – pour se cacher en quelque sorte ? Car ce qui nous interpelle, c’est la totale indifférence qui s’exprime sur le visage et dans l’attitude des Japonais entre-eux. Indifférence aux inconnus et à ce qui se passe autour d’eux.

Maintenant que dans le métro le portable a remplacé les mangas, plus de la moitié des personnes se regarde dans son téléphone, lisant ou envoyant des sms, regardant des films ou la TV, faisant des jeux ou des sudoku.

Pas le moindre regard aux autres, pas la moindre connivence quand quelque chose d’inhabituel se passe, pas de formules de politesses, rien que de l’indifférence. Mais indifférence contrôlée car la circulation est fluide, entrer ou sortir de la rame se fait sans problème, sans pardon ni merci. En rue, même topo. Nous qui avons roulé des heures sur les trottoirs encombrés n’avons jamais dû (et pu) entrer en « relation » avec le moindre quidam. Sauf de temps un regard échangé, parfois même un sourire. Dans la rue et le métro parfois aussi un regard sur nous, occidentaux se tenant par la main, attitude exempte ici où l'on ne se donne déjà pas la main pour se saluer, s'embrasser encore moins. Bien sûr l'attitude réservée des Japonais nous est assez confortable car on ne se sent pas observé, encore moins épié. On n’existe pas ! Et c’est bien là le drame… A tel point que nous nous demandons comment les jeunes peuvent rencontrer l’âme sœur…
Derrière le masque qu’est la politesse se cache aussi bien des frustrations. Si nous apprécions énormément la courtoisie, le sens du service et l’extrême politesse des Japonais – et Européens nous faisons le maximum pour leur rendre saluts, domo arigato et courbettes – il faut savoir qu’entre eux c’est la hiérarchie qui prime et que celui qui est au service des autres, qui salue et resalue sans cesse, ne reçoit aucune considération en retour. Dans les sociétés, c’est le grade qui prime… Rien à faire, nous n’y changerons rien, ils sont élevés comme cela.
Voilà, ainsi se termine ce blog. Nous espérons vous avoir fait partager un peu de notre passion pour ce pays et vous avoir fait découvrir des facettes du japon que vous ne connaissiez pas.
Merci pour vos commentaires et vos visites.
Sayonara !

08:45
Écrit par Jean Jacques & Brigitte Evrard
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29.04.2008
TOKYO METRO BOULOT DODO

Etre à Tokyo sans pouvoir se servir du métro c’est comme être à Los Angeles sans voiture, à Londres sans parapluie, à Copacabana sans Rayban !
Propreté, ponctualité, services… on ne sait des trois qualitatifs lequel est le plus développé.
Car il est PARFAIT ce métro. D’une propreté clinique, d’une ponctualité qui fait passer les Suisses pour des Romains, d’une offre de services qui fait croire qu’on rêve éveillé.

Propreté : sols brillants comme dans nos cliniques, pas un papier ne traîne dans les couloirs et les rames, pas de poussières non plus, même dans les coins, pas de crasses dans les rainures des marches des escalators, par de traces de chewing gum, pas de tags, pas de vitres griffées, pas de sièges abîmés. Les rames sont aussi propres dehors que dedans. Le revêtement velour des sièges semble être posé de la veille.

Ponctualité : dans chaque station, les heures de passage des rames sont indiquées. Aux heures de pointe il y a un métro toutes les 2 minutes. Et c’est tip top à la minute que le train entre en gare. Un long train car ces rames sont longues de 16 wagons portant chacun un numéro, (chaque porte ayant elle aussi son numéro), s’arrêtant exactement à l’endroit prévu, ce qui permet aux voyageurs de se tenir de part et d’autre des portes afin de laisser sortir les passagers avant d’entrer eux-mêmes évitant ainsi la mêlée style rugby source de retard (et d’impolitesse).

Services : Dans chaque station des wc (très propres) sont à disposition, très souvent aussi des distributeurs de boissons, et dans les plus fréquentées des kiosques à journaux, boissons, friandises et autres utilités (mouchoirs, piles pour gsm, déodorants, cravates même…) et à midi, les bentos. Sur les quais, très peu de sièges (il y a tant de métros), des téléphones – avec bottins en parfait état – des miroirs pour retouche coiffure, maquillage et nœud de cravate, des plans clairs et précis des sorties (certaines stations en comptent des dizaines, mieux vaut savoir laquelle est la bonne, chaque sortie porte un numéro), escalators, ascenseurs, chef de station, objets perdus,…

Dans les rames, peu de sièges mais des banquettes de part et d’autre sur toute la longueur du train, laissant ainsi beaucoup d’espace et permettant une circulation aisée et fluide. Les stations sont annoncées en japonais bien sûr mais aussi en anglais. Chaque rame est gérée par 2 conducteurs. Celui de tête n’a d’autre fonction que de conduire le train, l’autre, en queue de train s’assure que tout fonctionne bien à l’embarquement-débarquement et s’occupe des annonces entre stations. Aidé du chef de station qui se tient sur le quai au milieu du train, ils donnent ensemble l’ok du départ. Ces hommes travaillent comme des pilotes d’avion, montrant du doigt les points contrôlés, annonçant clairement les ordres et gestes accomplis.

Le réseau est divisé en 8 lignes qui ensemble représentent plus de 200km. Une 9ème ligne sera ouverte le 14 juin. Chaque ligne à un nom (Ginza, Marunouchi, Hibiya,…) une couleur (Orange, Rouge, Gris,…) une lettre (G, M, H,…). Chaque station porte un numéro. C’est donc extrêmement facile pour le profane d’utiliser le métro.
Si vous devez vous rendre de Kasumigaseki (H06) à Ykebukuro (M25 mais aussi Y09 car d’autres lignes y passent) il vous suffit de changer à Ginza (H08 – M16 – G09).
Donc, prendre H06 direction H07, changer à H08 (Ginza) suivre les ronds rouge (M16), prendre la ligne dans le sens de l’augmentation des numéros et de descendre à M25. Simple non ? Il suffit de connaître les lettre et les chiffres et de ne pas confondre le rouge du bleu. Le combat naval en couleurs en quelque sorte.
De plus dans chaque rame le temps de parcours est indiqué d’une station à l’autre, le métro étant toujours à l’heure, vous pouvez prévoir la durée exacte de votre trajet. Ce qui est bien pratique pour se donner rendez-vous. Pensez que les habitués ont la possibilité de se donner rendez-vous ainsi : "Hé Shige, on se retrouve à H08, wagon 4 porte 3A au métro de 08h12 car nous avons rendez-vous à 08h39 à S11 sortie 17B avec Yoko". Fastoche, non ?
C’est ainsi qu’au milieu de 20 millions de personnes, avec Hatsumi notre correspondante Pentawards à Tokyo, elle venant du nord de la ville, nous du sud, nous nous sommes souvent donné rendez-vous, nous retrouvant à des endroits pour nous inconnus, à la minute près. Après le combat naval, le rendez-vous spatial.
Pas besoin non plus de vous dire que vous ne vous sentirez pas seul dans ce métro, surtout aux heures de pointe. Là c’est dense, ça grouille mais ça roule, jamais de bousculades, sur les escalators les plus pressés montent les marches à droite, à gauche on est fixe. Au sol les directions de marche sont indiquées.


Pas de mendiants ni de musiciens pour vous déranger, vous avez une paix impériale pour dormir (ce que font les ¾ des gens), travailler, lire ou tapoter votre téléphone.
Bon on s’arrête ici car il y aurait encore tant à dire sur ce métro. Venez le découvrir, l’essayer c’est l’adopter ! 
08:31
Écrit par Jean Jacques & Brigitte Evrard
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28.04.2008
LA MAIN DANS LE SAC

L’écologie est un combat permanent.
Ici aussi, comme dans tous les pays industrialisés, on ne parle que de réchauffement climatique et des besoins de faire un geste pour la planète. N’est-ce pas à Kyoto que furent signés en 98 les fameux accords mis en vigueur en 2005 ?
Alors chacun y va de son idée pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
L’emballage étant une grande source de pollution visible, c’est bien entendu auprès du consommateur que se tournent aussi les autorités.
Au Japon, comme chacun sait, l’emballage est un art poussé au plus haut degré de sophistication.

Les distributeurs n’ont pas encore, comme c’est le cas en occident, mis l’accent sur le sac réutilisable, cependant en quelques années, les somptueux sacs en papier ont fait place à du papier recyclé et surtout les sachets en plastique « haute densité », si prisés en Asie n’ont plus trop la cote. Le consommateur qui a « oublié » son sac à provisions, n’est pas encore pénalisé, ne doit pas payer pour un sac, cela serait d’ailleurs très mal perçu au pays du service roi.
On remarque néanmoins une prise de conscience collective auprès des consommatrices qui portent au fond de leur sac à main un sac à provisions en « nylon » léger et très solide, un peu le filet à provisions de nos grand-mères.
Les fabricants ont eux aussi compris les enjeux et les avantages d’un tel retournement, les sociétés rivalisent de créativité pour proposer des styles très divers.
Ici, plusieurs marques sont présentes : l’Allemand Reisenthal qui a compris que le Japon était un marché très particulier, ici on fait ses courses chaque jour et non pas une fois par semaine à l’hypermarché comme chez nous..
La marque Japonaise ROOTOTE pousse plus loin le concept avec plus de 200 modèles toujours renouvelables du plus classique au plus branché.
Comme le prix d’achat n’est pas très élevé (de 6 à 10 €), on peut en posséder plusieurs assortis à son humeur du jour.
Et ça marche auprès de tous les publics !!
Ce concept ne date pas d’hier…
Comme le Japon puise aussi pas mal d’idées dans son passé, le ministère de l’environnement a relancé la mode des FUROSHIKIS, une technique d’emballage basée sur un carré de tissus plus ou moins grand, plus ou moins luxueux, soie, coton ou aujourd’hui synthétique, que l’on noue autour d’un objet le plus souvent à offrir.
Le furoshiki remonte au 8è siècle à l’époque Nara, c’était alors le seul moyen de transporter marchandises, produits ou enfants. Il est l’équivalent de nos baluchons, ou des tissus enveloppant les bébés que portent encore les Africaines... et qu'utilisent nos cigognes !!! C’est une habitante de Kyoto, MORITA Chizuko qui dès 1992 relança la « mode » du Furoshiki, créant des classes, donnant de multiples conférences sur le sujet ici au Japon et aux Etats-Unis.
Ces tissus sont aujourd’hui vendus dans les magasins traditionnels, les grands magasins ou les boutiques de cadeaux. Certains magasins vendent même le tissus « logoté », comme Itoya, la grande papeterie de Ginza. Ces tissus sont même vendus à un prix extrêmement attractif. Emballer avec ces beaux carrés de tissus demande un peu de dextérité, mais au pays de l’origami, les pliages et les nouages ne sont pas un réel problème.
Des livrets reprennent tous les modèles « d’emballage » possibles, et ils sont nombreux, esthétiques, pratiques, originaux. Bien entendu, chaque type de pliage porte un nom. Sur les photos de ce blog il y a des liens qui vous conduiront vers des sites spécialisés. Vous y verrez que la créativité est grande et nous espérons que vous y puiserez des idées pour les prochains cadeaux que vous ne manquerez pas de nous faire !!!
Sur le site du ministère, on peut déjà trouver pas mal de ces modèles à réaliser. La ministre KOIKE Yuriko, elle même, avait montré l’exemple en réalisant un sac avec son foulard Hermes…
Les stylistes actuels ont eux aussi compris les enjeux, les tissus anciens sont revisités, les matières mêmes sont plus solides, de nouveaux modèles sont inventés, des accessoires spéciaux sont crées (poignées, pinces etc).
La leçon de tout cela: Revisitons souvent le passé, il est plein de ressources, de bon sens et d'engrais pour la créativité.
08:15
Écrit par Jean Jacques & Brigitte Evrard
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