25.03.2008

HOTEL OKURA – TOKYO

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En architecture, rien ne vieillit plus vite qu’un hôtel.
Pour cause, la nécessité qu’a tout nouvel établissement d’offrir à ses clients ce qui se fait de plus actuel tant du point de vue technologique que du confort. Les grands hôtels sont donc le reflet de leur époque et la mode étant tellement mouvante, ils n’ont pas beaucoup de choix, soit ils s’adaptent régulièrement aux nouvelles exigences des clients, soit ils prennent grand soin à maintenir en état leur patrimoine original.
L’hôtel Okura de Tokyo est de ceux-là. Mais ce qui fait sa particularité est son année de naissance : 1962. Souvenez-vous de cette époque de modernisme d’après guerre et des formes et matériaux utilisés alors. C’est parfois difficile de s’en souvenir car une grande majorité des constructions d’alors ont été soit détruites, soit rhabillées au goût d’aujourd’hui.
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Sont restées les nombreuses tours du type Space Needle de Seattle, Brazilia, le terminal TWA de Saarinen à JFK, la maison de RadioFrance à Paris… et l’hôtel Okura dessiné par Yoshiro Taniguchi.
Situé en plein quartier des ambassades, cet hôtel est resté en son état d’origine, sobre, aux lignes pures, typiques des années 60, mais s’inspirant de l’architecture traditionnelle nippone.
A cette époque encore, les grands architectes, tel Adrien Blomme avant eux, pouvaient dire « Aimons le passé mais portons envie à l’avenir ».
Quand on entre dans le hall, on est frappé par le côté épuré typique des anciens palais japonais mais aussi par la disposition étudiée des mobiliers, principalement des fauteuils et des luminaires typiques des années 60. Rien ne semble – et n’a sans doute changé – depuis l’inauguration. Une impression de temps arrêté, de paix, de monde à part vous saisit. Il semble même que les clients semblent sortis du passé mais en même temps,ce passé est le présent.
Il en est souvent ainsi des styles qui, à vouloir résister au temps, redeviennent contemporains.

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Ont-ils été rattrapés par le cycle de la mode ? Ou bien sont-ils devenu des icones ?
Taniguchi devait être visionnaire car son style est pur et intemporel. Les managers successifs de l’Okura ont dû aussi faire preuve de ténacité pour le maintenir en état, sans succomber aux modes et impératifs de rentabilité qui ont dû plus d’une fois les tenter.
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Voilà comment survit – en bonne santé – un exemple architectural remarquable. Voilà aussi la preuve que le design, quand il est fait avec intelligence, résiste au temps.





09:15 Écrit par Jean Jacques & Brigitte Evrard dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

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